Le Sphinx : gardien silencieux de quatre millénaires

Il veille depuis 4 500 ans sur la nécropole de Gizeh, impassible face aux siècles qui passent. Le Grand Sphinx est la plus grande sculpture monolithique du monde antique : 73 mètres de long, 20 mètres de haut, taillé directement dans le plateau calcaire naturel.

Son visage est généralement attribué au pharaon Khéphren, dont la pyramide se dresse juste derrière lui. Des similitudes frappantes avec les représentations connues de Khéphren soutiennent cette hypothèse. À l’origine, son visage était peint en ocre rouge et il portait une barbe royale en pierre, dont des fragments sont aujourd’hui conservés au musée du Caire et au British Museum.

Une controverse scientifique agite depuis les années 1990 la communauté des archéologues. Le géologue américain Robert Schoch a observé des traces d’érosion verticale sur les flancs du Sphinx, caractéristiques d’une érosion par l’eau de pluie et non par le vent et le sable. Or l’Égypte ne connaissait de pluies importantes qu’avant 5000 av. J.-C., ce qui suggérerait que le Sphinx aurait été sculpté bien avant la IVe dynastie. Cette théorie reste très minoritaire mais alimente des débats passionnants.

Entre ses pattes avant se trouve la Stèle du Songe, érigée par Thoutmosis IV vers 1400 av. J.-C. Elle raconte comment le dieu Harmakhis lui aurait promis le trône d’Égypte en échange du dégagement du Sphinx ensablé. Preuve que dès l’Antiquité, les Égyptiens eux-mêmes considéraient le Sphinx comme un monument mystérieux venu d’un passé lointain.

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